mardi 12 juin 2018

Livre : "Se défendre" - Elsa Dorlin


Sous-titre du bouquin : « Une philosophie de la violence ». Eh oui, tout arrive… Je me définis plutôt comme non-violent. Mais je m'interroge encore et toujours. Du coup, quand j’ai vu ce livre à la librairie « La Gryffe », après hésitation, je l’ai acheté.

Les hésitations venaient en partie de la forme : beaucoup trop de notes, que bien entendu, le lecteur finit par abandonner. Plus une écriture pas très accessible. Philosophie, vous-dis ! Mais je me suis lancé, et je l’ai lu… Si, si ! Je n’ai pas forcément toujours tout compris, mais cela m’a donné à réfléchir.

Je ne suis pas sorti de ce livre avec une solution. L’auteur se place au cœur de deux défenses difficiles, qui interrogent : la défense des femmes, agressées, violées. La défense des minorités noires aux États-Unis. La pratique de l’auto-défense peut bien évidemment améliorer la sécurité des femmes. Elles se sont souvent organisées pour cela. Les minorités sexuelles ont été au cœur de cette auto-défense. Les homosexuels (femmes – hommes), les trans, sont victimes de nombreuses agressions, crimes, etc. Il est nécessaire de réfléchir à ce problème : comment je me défends, comment je réplique ? La police ne suffit pas. Elle est même souvent le problème… Des milices d’auto-défense ? Elles finissent toujours par prendre un pouvoir qui dépasse la simple défense.

Et puis, très vite surgit le problème des armes. L’idéologie nord-américaine n’est pas loin. Quand je suis armé, je suis moins attaquable. Certes. Mais comment, où, auprès de qui je me fournis en armes ? Sont-elles suffisantes ? Sont-elles chères ? Le livre n’aborde pas cet aspect du problème. Quand il y a armes, il y a souvent trafic, mafia, argent, corruption…  Politiquement, on retrouve l’opposition Martin Luther-King, Malcom-X. Et derrière, tapie dans l’ombre, la question de la révolution. Comment on change la société, les mentalités ?

Beaucoup d’interrogations donc, après la lecture de ce livre. Pour moi, pas de réponses. Il est vrai que, historiquement, comme le fait remarquer l’auteur, c’est les nobles qui étaient armés. Pas le peuple. Et encore moins les esclaves. Imparable. Est-il pour autant légitime d’armer tout le monde, au risque d’installer, derrière les armes, une nouvelle domination imposée par… les armes. Par celui ou celle qui a la (les) plus grosse(s) arme(s).

Bon, vous l’avez compris, je n’ai pas été convaincu. Se défendre, oui. Mais il reste aussi à se défendre contre les mille dominations qui mènent la vie dure à tous les peuples.

Y compris la domination des armes…







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