mardi 1 mai 2018

Livre : "Sombre dimanche" - Alice Zeniter

       
« … les deux dernières années, ils les avaient passées à se déconnaître… » (p. 266). Tout l’art d’Alice Zeniter dans ce petit morceau de phrase. La fin d’une histoire d’amour en un seul verbe.

En fait, ce livre, c’est plusieurs fins. La fin de l’amour entre Imre, jeune hongrois qui vit à Budapest et Kerstin, une jeune allemande. La fin de la petite maison au bord des rails, la maison de la famille Mandy (Imre est un fils de cette famille) depuis plusieurs générations. La fin du communisme. Plus d’autres fins qui composent un livre assez lent, dans lequel le lecteur rentre sans se presser (tout au moins, moi !). Puis, au fil des pages, la curiosité est aiguisée, la famille Mandy se dévoile avec ses secrets, ses malheurs, ses non-dits. Le titre « Sombre dimanche » laisse présager de l’absence de bonheurs. Ce n’est pas tout à fait vrai. Mais ils ne durent jamais longtemps. Et sont absent de la vie des femmes.

En particulier de celles qui vivent dans la maison au bord des rails. Beau livre qui nous fait vivre la chute du mur de Berlin, et d’autres évènements historiques du siècle dernier, en Hongrie. Avec sensibilité, Alice Zeniter nous raconte un pays d’Europe montré du doigt, en ce moment, pour ses dérives xénophobes, totalitaires. Un pays humilié par l’histoire, trop souvent.

Imre termine le livre au bord du lac Balaton, dans une cabane, faute d’avoir su sauter dans le bon train. Les hommes aussi semblent avoir du mal avec le bonheur, en Hongrie…










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