jeudi 7 septembre 2017

Train


           Il était à compartiments. Il fallait plus de cinq heures pour aller de Lyon à Paris.
             Tchac tchac tchac, régulier, interminable.
       Pour aller de Lyon à notre campagne, presque cinq heures, trois correspondances, le pépé qui venait nous chercher dans sa « 4 chevaux ». Bien plus compliqué qu’un Lyon – Venise en « Easy-Jet » en 2017… Maintenant, il faut juste un peu plus de deux heures de voiture. En respectant les limitations de vitesse.
            Puis vint le TGV entre Lyon et Paris. Deux heures. Le bonheur des gens qui sont pressés, même sans raison ! Á peine le temps de finir un polar. Quand on peut lire, parce qu’avec les téléphones portables, c’est pas gagné.
            Puis vint la fermeture de la petite gare de Manlay. Comme tant d’autres.
            Puis vint…



            Eh oui, depuis cette année, c’est la route qui a gagné.
            Nostalgie ?
            Non. Plutôt incompréhension, voire colère.
            Sur la route devant la maison, les camions sont les rois. Il fut un temps où il y avait des trains de marchandises sur ces rails.
            Les cars TER roulent à vide. Au début, il y a eu des cars. Puis des minibus. Bientôt plus rien. Y’a plus de trains ? Prenez « bla bla car ». Vous pourrez causer, comme dans les compartiments à l’ancienne.
            Á l’ancienne. Sans doute que c’est ce que je deviens petit à petit.
            L’ancien.
            Mais quand même, la micheline Autun – Paris, elle avait de la gueule, quand elle passait.
          Maintenant, c’est les cars, les camions, les camping-cars, les motos, les bagnoles.
            En vélo, j’ai la trouille.
            J’ai la trouille d’une société qui goudronne tout.
            Même les rails des trains…
           
Et puis…
            Et puis, en réfléchissant quelques secondes, je me souviens.
D’un coup, d’un seul.
Le tramway, à Lyon, il est revenu, il y a quelques années. Il revient dans de nombreuses villes.
            Alors ???
           
« Faire et défaire, c’est toujours travailler », disait mon grand-père.
            Au train où vont les choses, il faut s’attendre à tout…





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