vendredi 25 août 2017

Livre : "Maintenant" - comité invisible


Reprenons. Début de l’été : le bulldozer Macron et ses acolytes est en marche. Ça a tendance à me mettre plus que légèrement en colère… Non pas que je sois fan de Hollande ou Sarko qui l’ont précédé. Mais j’assiste, les yeux ébahis, à une sorte d’apothéose !

Ni de gauche, ni de droite, répètent-ils à l’envi. Ni baisé, ni résigné, répliqué-je. Ni révolutionnaire, ni insurrectionnel, me disais-je. Quoique, vu la situation… Je décide donc de me plonger dans la lecture des trois bouquins du « comité invisible », afin de me faire monter l’insurrection.

« Maintenant » est le dernier de cette trilogie. Je n’ai pas aimé les deux premiers, même si je rejoins la nécessité de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière. J’ai un peu mieux apprécié ce troisième volume. Pour ne pas être trop long, j’ai trouvé pertinentes les analyses sur la fin de l’État (par exemple en Syrie, en Lybie), sur la destitution des institutions, plutôt que le salut par une nouvelle constitution, sur l’omniprésence dans nos vies intimes de l’argent, sur l’impasse sur laquelle a débouché « Nuit debout », sur la mesure et l’évaluation de nos moindres actes.
  
Mais. Et pour moi, ce MAIS est fondamental : ce « comité invisible » se regarde beaucoup trop le nombril. Le « cortège de tête » qui a émergé dans les manifs contre la loi Travail au printemps 2016 n’est pas le centre du monde. La solidarité liée aux situations de bagarres (de guerre ?) peut paraître séduisante dans l’instant. Où mène-t-elle ? Où a-t-elle mené ? Où mènera-t-elle ? Le « cortège de tête » va-t-il faire reculer les pesticides, le nucléaire, les OGM, la malbouffe ? L’écologie mérite plus que ce nombrilisme mal placé. Sans oublier bien d’autres combats à mener.

La lutte contre la loi travail n’est pas le centre du monde, le centre de la révolution, le centre de l’insurrection. Ce « Maintenant » est avant tout un « maintenant » franco-français. Aucune ligne, ou très peu, sur la politique étrangère, les rapports de force internationaux. Suffit-il que « le cortège de tête » brise quelques vitrines de banques pour que disparaisse la financiarisation de nos vies ? Pour que le réchauffement climatique soit enrayé ?

Bref, quelques bonnes analyses, suivies d’un dernier chapitre « Pour la suite du monde » incompréhensible pour une petite cervelle comme la mienne. Et toujours et encore le point central de mon désaccord : construire par la violence ne peut qu’engendrer un monde où la dictature de la matraque remplacera la toute-puissance de l’argent.

« Soyons ingouvernables », clament-ils. Pourquoi pas. 
Mais quand c’est la violence qui gouverne, il n’en sort jamais rien de bon.

Les deux autres publications du "comité invisible" :



 Plus un petit plaisir auquel je ne résiste pas :


 






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