samedi 22 avril 2017

Livre : "Pour qui sonne le glas" - Ernest Hemingway



Beau roman sur la guerre d’Espagne. Je spécifie bien "La guerre d’Espagne", car on est dans un affrontement de guerre. Par contre, il est peu fait écho de la révolution, qui n’est pas la préoccupation d’Hemingway, me semble-t-il. Nous sommes au cœur de la guerre des Républicains contre les fascistes, mais il se contentera d’une analyse politique plus que sommaire. Comme par exemple quelques piques, sur "l’opéra-comique  de Barcelone. Au commencement, c’était le paradis des toqués et des révolutionnaires romantiques. Maintenant, c’est le paradis des petits soldats." (p. 271). Je n’ose même pas transcrire ce qu’il écrit sur le P.O.U.M. – Parti Ouvrier d’Unification Marxiste – fraction trotskyste de la révolution.

Le propos du livre est la guérilla des Républicains dans les montagnes, avec un soldat américain (Robert Jordan, l’Inglés) venu en renfort pour faire sauter un pont. Le lecteur suit le combat désespéré mené par ces hommes, et deux femmes, Pilar et Maria. L’Inglés tombe amoureux de la jeune Maria. Le récit de cette guérilla d’à peine 4 jours est l’occasion de multiples autres digressions sur la guerre, avec quelques descriptions insoutenables, en particulier lorsque les Républicains exécutent les fascistes après avoir pris la mairie d’un village. Les exécutions ne s’arrêteront pas aux seuls militants fascistes. Débordements d’une foule qui se venge, avec l’alcool qui coule à flots…

Les combattants Républicains espagnols sont magnifiques dans cette lutte dans la montagne. Avec leurs doutes, leurs désaccords, leurs interrogations, leurs peurs... L’Inglès doit rassurer tout le monde, alors que lui-même doute abondamment... 
Hemingway insiste, à mon sens, un peu trop lourdement sur les corridas, la fierté des matadors devant le "toro" méchant. Á chacun sa vision sur ce sujet ! Cela donne quelques pages que j’ai trouvées longues, et qui ne s’imposaient pas. Hemingway était passionné de corridas. Qu’aurait fait une vraie révolution de ces spectacles ?

Le titre indique au lecteur ce qu’il adviendra de la guerre civile. On connaît tous l’issue du conflit, la défaite des Républicains, le fascisme de Franco. Pourtant, un autre futur aurait peut-être été possible :
"Mais rappelle-toi que, tant que nous tenons ici, les fascistes sont immobilisés. Ils ne peuvent attaquer aucun autre pays avant d’en avoir fini avec nous et ils n’en auront jamais fini avec nous. Si les Français nous aident, si seulement ils laissent la frontière ouverte et si nous recevons des avions d’Amérique, ils ne pourront jamais en finir avec nous Jamais, si nous recevons si peu que ce soit. Ce peuple se battra indéfiniment, s’il est bien armé." (p. 458)
Ainsi pense Robert Jordan juste avant de faire sauter le pont.

Et moi, pacifiste, en lisant ces lignes, j’ai le doute qui pointe…. 
Qu'aurait pu être l'Europe si...





 

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