lundi 18 juillet 2016

Livre : "Enjeux libertaires pour le XXIe siècle" par un anarchiste néophyte - Philippe Corcuff


                                                                                 
Uff ! J’ai fini. Au début, je me suis accroché, puis j’ai pris la diagonale. Trop obscur pour moi. J’aurais aussi pu prendre la tangente…
J’ai bien fait de persister. Ça devient lisible (pour un petit retraité modestement bachelier il y a 45 années…) à partir de la page 274 (sur 294…).
L’auteur nous sort régulièrement sa trouvaille politique : s’émanciper (auto-émancipation) plutôt qu’émanciper (… les autres, ce qui implique un rapport hiérarchique entre celui qui émancipe et celui qui est émancipé). Il cherche à justifier un itinéraire politique non linéaire (ce qui est son droit le plus strict) par des mots, des concepts, des fatras idéologiques peu compréhensibles par le lecteur (ou le militant) moyen. Le sous-titre indique qu’il est « un anarchiste néophyte ». Mais un sociologue confirmé !

Citation : « … La thématique de l’exploration vient ainsi compléter et corriger celle de l’expérimentation pragmatiste, afin de nous rendre davantage disponible à l’inconnu, en ne figeant pas l’horizon sous la forme d’une nouvelle totalité qui fermerait les yeux de l’inventivité humaine. …» (p. 258)

Á la lecture de ces lignes, mon agacement ne me semble pas illégitime… On peut bien sûr me dire qu’elles sont sorties de leur contexte. Sauf que ce contexte est sans arrêt (ou presque, soyons juste) du même tonneau…
De plus, Philippe Corcuff n’aborde à aucun moment la problématique de la violence, dans la perspective d’un changement de société. Dans les dernières pages, il fait une vague référence au « virilisme » militant. C’est bien court… Ce rapport (ou non) à la violence doit interroger toute réflexion sur l’élaboration d’un projet de société qui soit en rupture avec la société capitaliste actuelle (ou libérale, néo-libérale, etc., selon l’air du temps…). Mais la réflexion sur la violence ne mérite apparemment pas une étude sociologique…
Á la fin du bouquin, là encore, une justification. En gros, un plaidoyer pour une F.A. ( Fédération Anarchiste, pour les non-initiés ; je vous assure, ça existe ! ) ouverte. Bravo. Mais comment envisager sérieusement une F.A. ouverte avec un bouquin au langage aussi fermé ?
Une seule chose me fait peur quand je termine ce type de livre : pourvu que les anars ne parviennent jamais au pouvoir… Il est vrai qu’après de telles lignes, la probabilité me semble bien faible.
Perso, je vois un enjeu majeur pour les libertaires au XXIe siècle : se faire comprendre…



PS : 14 juillet 2016, le massacre de Nice sur la promenade des anglais. lignesenstock ne trouve pas de mots utiles à rajouter à tous les mots plus ou moins pertinents qui circulent. Une pensée pour toutes les familles touchées. C’est si dérisoire, et pourtant, c’est si nécessaire…
Quand viendra le doux temps de l’anarchie, tout ira mieux…
Dans 10 000 ans, disait Ferré…









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire