jeudi 4 février 2016

Livre : "Les mémoires dangereuses" - Benjamin Stora (avec Alexis Jenni)


           Un rappel salutaire : les origines du Front National se trouvent dans la guerre d’Algérie. Jean-Marie Le Pen a été fortement impliqué dans ce conflit, dans lequel il a assumé ses actes alors qu’il était lieutenant. Il a été parmi ceux qui ont torturé  des combattants algériens. Ces faits sont connus. La naissance du Front National est liée à cette guerre, et parmi les cadres, beaucoup sont, encore de nos jours, imprégnés profondément par la « culture Algérie française ».
Benjamin Stora expliquait déjà cela dans son livre « Transfert d’une mémoire », en 1999. Alexis Jenni lui emboîte le pas dans un entretien qui précède la réédition de « Transfert d’une mémoire », pour bien montrer que, dans la France de 2015, qui subit actuellement des évènements terroristes très graves, ces racines profondément « sudistes » persistent. C’est Benjamin Stora qui baptise de « sudisme à la française » cette culture qui imprègne nombre de français nostalgiques d’un sud de la méditerranée (en particulier l’Algérie, donc) mythifié, où la France, pour eux, montrait sa prédominance culturelle au monde maghrébin.
Tout cela est vrai, bien décrit par l'auteur. Cependant, inexorablement, le sud monte au nord. Car c’est aussi dans le nord de la France, maintenant, que le FN est implanté durablement. Sans oublier les campagnes françaises, où il progresse élections après élections.
Alors, sudisme ? Nordisme ? Je n’ai pas les mots de Benjamin Stora pour théoriser tout ça. Mais il me semble que l’analyse de celles et ceux (dont je suis) qui combattent le Front National doit maintenant intégrer que l’on est au-delà de ce « rejet de l’algérien » inhérent à ce « sudisme à la française ».
Nord, sud, est, ouest, la France est quadrillée. Á ce « sudisme à la française » s’ajoute une Europe à la dérive vers l’extrême-droite. Inéluctablement.
C’est à cela qu’il faut réfléchir, et s’opposer, maintenant. Avec nos histoires différentes d’un pays à l’autre. Mais avec une certitude : c’est partout qu’ils poussent, ces partis de la droite extrême.
Du coup, le Front National trouve en cela une légitimité internationale qui dépasse ce « sudisme à la française ». La réponse à ces droites extrêmes doit être internationale.
            Á l'heure des replis sur soi (individus, états), la tâche est immense...  





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