samedi 14 juillet 2018

Livre : "14 juillet" - Éric Vuillard


                                                                   
Après la Commune avec Patrick Pécherot, la prise de la Bastille avec Éric Vuillard. Très beau récit. Tout le monde, en France, et dans beaucoup d’endroits à l’étranger, a entendu parler de cet évènement révolutionnaire. Mais comment cela s’est-t-il déroulé exactement ?

Éric Vuillard revisite ces évènements, mais surtout, il met la foule à l’honneur. La foule de Paris, qui a pris possession de la ville depuis le 12 juillet, et qui se lance dans une folle aventure, sans chef, sans armes au début, sans organisation. Ce sont les anonymes qu’il met à l’honneur, tous ces jeunes qui ont faim, qui sont en colère. Il s’agit de Tronchon, 21 ans, de Vernaux, de Taboureau, 20 ans, de Sassard le couillon, de Ramelet, vendeur de pinard. Et tant d’autres que je ne cite pas.

Les anonymes, les morts abattus par les assiégés, les assiégeants qui reculent, qui avancent, qui meurent, qui finissent par entrer dans la forteresse. Le récit d’Éric Vuillard nous happe comme une révolution en marche : « C’est qu’il n’est mandaté par personne Maillard, il ne se présente pas aux élections, ce n’est pas un notable, il suit le cours ardu de la Révolution, et il le suit depuis la rue. Il est avec tout le monde, avec les ferblantiers, les corroyeurs, les marchandes de soupe. » (p. 172)

Dernière page, p. 200 : « On devrait plus souvent ouvrir nos fenêtres. Il faudrait de temps à autre, comme ça, sans le prévoir, tout foutre par-dessus bord. »

Ça ne vous a jamais démangé, vous ? Ça m’étonnerait…

Le hasard fait bien les choses. Nous sommes le 14 juillet. Un bon bouquin vaut mieux que le défilé militaire !...


Autre livre d'Éric Vuillard sur lignesenstock :


 






mercredi 11 juillet 2018

Livre : "Une plaie ouverte" - Patrick Pécherot


Coïncidence. Je me retrouve en plein « Wild West Show », juste après avoir lu le livre "Tristesse de la terre", qui est consacré à Buffalo Bill et ce grand spectacle ( lien ). Patrick Pécherot nous fait voyager dans le temps : la commune, les années 1870, puis les années 1900. Plus d’autres digressions, aller – retour, souvenirs, rencontres qui permettent à l’auteur de retracer l’atmosphère de ces années mouvementées.

Ce roman nous permet de rencontrer une foultitude de personnages, de Courbet à Verlaine, de Thiers à Jules Vallès. Plus une multitude d’autres, réels ou fictifs, ou moins connus. Cela donne un roman confus, à mon sens, où Dana devient, pour le lecteur, un personnage énigmatique : a-t-il existé ? a-t-il tué ? 

Bref, une belle occasion de se laisser vivre au milieu de la Commune, et de ses suites, au milieu des poètes, des peintres, de Buffalo Bill, et d’autres individus hauts en couleur. Mais trop de personnages, trop de mélanges mettent le lecteur en difficulté.

Tout au moins un lecteur un peu primaire comme moi…

Autres livres de Patrick Pécherot sur lignesenstock :



mercredi 20 juin 2018

Marche



Alors, ça marche ?
Tu marches ou tu marches pas ? Marchons, marchons !
Fin juin, on va faire de la marche en montagne.

Eh bien, moi, je marche pas.
Enfin, si, je marche, car il faut que je marche pour entretenir mon cœur.
Mais je marche pas avec en marche. Explique-toi, j’y comprends rien. Moi non plus.

Tu marches pas, mais en marche, ça a bien marché.
C’est ce qu’il se dit. Pas sûr que ce soit l’avis des cheminots.
De toute façon, si ça marche, ça m’étonnerait que ça marche pour tout le monde.

Et pourquoi ça marcherait pas pour tout le monde ?
Parce que souvent, si ça marche pour l’un, ça marche pas pour l’autre.
C’est toi qui le dis. En marche veut faire le bonheur de tout le monde.

T’y crois, toi ? En marche, c’est le bonheur des riches.
Mais là, je marche pas. Les riches, eux, sont déjà heureux.
Pas sûr. L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on.

Quand même, ça aide un peu, non ?
Les riches, c’est comme premier de cordée, et il peut y avoir plusieurs premiers.
Oui, mais attention. Pour que ça marche, faut pas qu'il y ait trop de riches.

Ouh, là, là. Cette fois, je marche plus.
En marche, c’est pour nous faire croire qu’on est tous dans le même train, non ?
Et puis, plus ils marchent, plus je recule.  Je vais prendre le tournis.

Tu marches ou tu marches pas ? Marchons, marchons !
Fin juin, on va faire de la marche en montagne.
Et là, je vais marcher.

Car il faut que je marche pour entretenir mon cœur.
Mais soyons clairs, je marche pas avec en marche.
Pourquoi ?

Ils me fatiguent…


Les deux photos ont été prises dans le Queyras, en juillet 2007.